Mozambique : 1,5 million de personnes ont besoin d’aide humanitaire au nord du pays


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Au moins 1,5 million de personnes ont besoin d’une aide « vitale » au nord du Mozambique en raison de l’impact continu de l’insécurité dans la province de Cabo Delgado, a alerté ce vendredi une agence des Nations Unies.

« Au moins 1,5 million de personnes dans le nord du Mozambique ont besoin d’une aide humanitaire et d’une protection vitale et indispensable en raison de l’impact continu du conflit armé, de la violence et de l’insécurité dans la province de Cabo Delgado  », a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU ( OCHA ).

Plus de la moitié d’entre eux sont des enfants et plus de 60 % des adultes sont des femmes ayant fui d’horribles brutalités en quête de sécurité, a précisé l’agence onusienne dans son dernier rapport de situation sur ce pays d’Afrique australe.

Selon l’ONU, l’insécurité dans la province de Cabo Delgado a aggravé l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Dans ces conditions, les familles ont été parfois contraintes d’abandonner leurs maisons et leurs champs, les pluies irrégulières aggravant les pertes de récoltes.

Plus d’un million de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë

Dans le nord du Mozambique, plus de 1,1 million de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, ce qui signifie qu’ils ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires et risquent de souffrir de malnutrition aiguë.

L’insécurité alimentaire et la malnutrition ont des « conséquences dévastatrices  » pour les femmes et les enfants, augmentant le risque de violence sexiste, d’exploitation et d’abus sexuels, et entravant l’accès des enfants à l’éducation, alerte l’OCHA, qui ajoute que dans certaines communautés de Cabo Delgado, «  les taux de mariage des enfants auraient augmenté ».

 

Plus largement, de nombreuses communautés touchées par le conflit luttent pour faire face aux conséquences cumulées d’autres chocs tels que « le changement climatique et la hausse de l’inflation, les crises alimentaires et énergétiques  ». Les organismes humanitaires redoutent aussi l’impact de la guerre en Ukraine.

Plus de 900.000 déplacés internes

« Le conflit ukrainien pourrait avoir un effet d’entraînement sur la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants », prévient l’OCHA, redoutant « une aggravation de l’insécurité alimentaire de la population  ». Ce pays d’Afrique australe importe environ 30 % de son blé de Russie et 8% d’Ukraine.

A noter que Mozambique est l’un des trois pays d’Afrique les plus exposés aux chocs climatiques extrêmes. Au cours des trois dernières années, le nord du pays a été frappé par deux cyclones, trois tempêtes tropicales et des inondations.

Par ailleurs, le nombre de personnes déplacées n’a cessé d’augmenter dans le nord du Mozambique depuis le début de l’année, aggravant les besoins des déplacés et des communautés d’accueil. L’ONU estimait en juin que plus de 946.000 personnes avaient dû fuir leur foyer ; le chiffre était de 784.000 lors du dernier cycle de recensement en février. L’augmentation nette du nombre de déplacés s’élèverait à une centaine de milliers de personnes.

En outre, 62.000 déplacés supplémentaires ont été enregistrés dans des lieux et sites nouvellement évalués, plus particulièrement dans les districts du nord de Cabo Delgado.

Plus d’un million de personnes assistées en 5 mois

Une série d’attaques dans les districts d’Ancuabe et de Chiure depuis le début du mois de juin a entraîné le déplacement de 92.000 personnes dans les provinces de Cabo Delgado et de Nampula. « Les attaques ont eu lieu dans des zones où aucun incident de sécurité n’avait été signalé au cours des deux dernières années  », a indiqué l’OCHA.

Face à cette situation, plus d’un million de personnes ont été assistées entre janvier et mai 2022 dans le nord du Mozambique, sur les 1,2 million de personnes ciblées. Selon l’OCHA, la communauté humanitaire s’efforce d’agir au plus près des personnes dans le besoin.

Une série de mesures ont été prises pour surmonter les restrictions d’accès et assurer la poursuite des opérations humanitaires. Des vols supplémentaires ont ainsi été organisés après l’ouverture de nouvelles pistes d’atterrissage. Les partenariats avec les organisations nationales sur le terrain ont aussi été renforcés pour assurer une plus grande portée des interventions.

S’agissant du financement, l’appel de fonds pour le Mozambique n’a reçu que 72 millions de dollars, soit 18% de la somme requise de 388 millions de dollars.