Cherté de la vie : Luanda demeure la ville la mieux classée en Afrique en 2018


Crédit photo : © 2018 D.R.

Malgré avoir perdu sa première place au classement mondial, Luanda en Angola (6) demeure la ville la mieux classée d’Afrique. Ce recul est principalement attribuable à la tendance à la baisse dans le marché du logement ainsi qu’à la dépréciation de la monnaie locale vis-à-vis le dollar américain ; Luanda est ainsi mieux positionnée pour attirer les capitaux étrangers et le coût de la vie est plus accessible pour les immigrants. N’Djamena (8) fait suite avec une hausse de sept places. Libreville (18), avec une hausse de quatorze points, représente la prochaine ville Africaine sur la liste, suivie de Brazzaville au Congo (19) qui s’est hissée de onze places.

Relativement au rapport de l’an dernier, certaines villes africaines comme le Cap en Afrique du Sud et Tunis en Tunisie ont enregistré une hausse importante des prix de location de logements. Une tendance inverse a été observée du côté du Caire en Égypte où la valeur locative, particulièrement celle des maisons, a subi une baisse.

« Le recours aux travailleurs en mobilité, en particulier pour pourvoir les postes hautement spécialisés ou de direction, demeure une pratique répandue dans les multinationales actives en Afrique », affirme Nicolaas Janse van Rensburg, consultant principal en mobilité à Mercer. « Par exemple, les organisations en phase d’implantation dans le continent ont tendance à transférer du personnel de leur siège social. Cette pratique est principalement attribuable au fait que le marché local n’offre pas encore les compétences spécialisées requises".

« Il est impossible pour les multinationales d’adopter une approche générale à l’égard des conditions offertes à leurs employés en mobilité. À titre d’exemple, Luanda en Angola a été classée comme la 6e ville la plus dispendieuse du monde ; d’autre part, Windhoek, dans la Namibie voisine, occupe le 196e rang sur le plan du coût de la vie. Il est donc justifié de conclure que chaque ville Africaine est dotée d’une dynamique économique unique  », ajoute M. van Rensburg.

L’enquête de Mercer jouit d’une reconnaissance notoire et est l’une des plus exhaustive qui existe ; elle est conçue pour aider les multinationales et les gouvernements à concevoir des stratégies de rémunération pour leurs employés en mobilité. L’ensemble des comparaisons est réalisée en utilisant New York comme ville de référence et les fluctuations de devises sont analysées par rapport au dollar américain. L’enquête s’intéresse à plus de 375 villes de par le monde. Cette année, le classement comprend 209 villes sur cinq continents et analyse les coûts comparatifs de plus de 200 biens dans chaque municipalité, incluant des composantes des secteurs du logement, des transports, de l’alimentation, de l’habillement, des articles ménagers et du divertissement.

« Les multinationales doivent se défaire de leur conception erronée du marché Africain qui serait extrêmement volatile. L’Afrique n’est pas la seule région qui présente des variations évidentes sur le plan du coût de la vie. Le rapport établit que, même au sein des économies développées, le coût de la vie est en variation constante pour une multitude de raisons, des fluctuations des devises aux frais d’habitation », conclut M. van Rensburg.

Classement mondial

D’autres villes se hissent au classement des 10 villes les plus dispendieuses pour les travailleurs en mobilité : Séoul (5), Luanda (6), Shanghai (7), N’Djamena (8), Beijing (9) et Berne (10). Tachkent (209), Tunis (208) et Bichkek (207) figurent parmi les villes les plus abordables de la planète pour les travailleurs en mobilité. En raison de l’appréciation des monnaies locales par rapport au dollar américain, N’Djamena (Tchad) et Pékin (Chine) se sont ajoutées à la liste des 10 villes les plus dispendieuses.

Selon le rapport, des facteurs comme l’instabilité des marchés du logement, la faible inflation et les fluctuations des prix des biens et services influencent les coûts d’exploitation dans les différents pays du continent. Les multinationales s’adaptent à cette transformation en mettant l’accent sur la mobilité du talent et en évaluant les coûts de la rémunération des employés en mobilité.