L’ONU salue la levée record de 14,2 milliards de dollars pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme


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C’est un montant record de promesses de 14,2 milliards de dollars en faveur du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Et des agences onusiennes basées à Genève ont salué, jeudi, le nouvel engagement des donateurs.

Selon le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ces fonds visent à soutenir les efforts pour mettre fin à ces trois pandémies au cours des trois prochaines années. Les donateurs ont fait leurs promesses lors de la septième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, organisée par le Président des États-Unis, Joe Biden, en marge du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Ce soutien vise à sauver 20 millions de vies, à éviter 450 millions de nouvelles infections et à apporter un nouvel espoir pour mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme. Cet investissement permettra également de renforcer les systèmes de santé et les systèmes communautaires afin de ne laisser personne de côté.

« Ce à quoi nous avons assisté aujourd’hui est une mobilisation sans précédent pour la santé mondiale », a déclaré dans un communiqué, Peter Sands, Directeur exécutif du Fonds mondial.

Les pays ont relevé le défi d’augmenter les financements de 30%

« À l’intersection de tant de crises mondiales, nos donateurs comprennent qu’il est plus important que jamais de stopper ces maladies mortelles et de protéger chacun, quels que soient son identité et son lieu de vie, contre ces menaces sanitaires et celles à venir  », a ajouté M. Sands.

Plus largement, les pays ont relevé le défi d’augmenter les financements de 30%, démontrant ainsi leur confiance dans le solide leadership du Fonds mondial et de ses partenaires. Les États-Unis ont maintenu leur position de leader en matière de santé mondiale en promettant 6 milliards de dollars, s’engageant à investir 1 milliard de dollars pour chaque 2 milliards de dollars promis par le reste du monde.

La France, la Commission européenne et la Fondation Bill et Melinda Gates ont toutes fait d’importantes contributions au Fonds mondial. Une contribution notable est venue de la République de Corée, qui a augmenté sa contribution de 300% pour atteindre 100 millions de dollars.

Le financement promis par le privé a atteint 1,23 milliard de dollars

Le Canada, l’Allemagne, l’Irlande, le Japon, le Luxembourg, le Portugal, l’Espagne et l’Afrique du Sud ont tous augmenté leur financement de 30%. De leur côté, le Royaume-Uni et l’Italie ont indiqué qu’ils s’engageront dans les semaines à venir.

« C’est avec beaucoup d’humilité que je constate qu’un si grand nombre de pays en développement, qui sont eux-mêmes confrontés à de multiples crises, ont malgré tout augmenté leurs promesses de dons au Fonds mondial. Je les félicite », a affirmé pour sa part Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l’ONUSIDA.

Outre les 912 millions de dollars de la Fondation Bill & Melinda Gates, le secteur privé s’est également illustré par l’engagement de la Fondation (RED), qui a promis 150 millions de dollars.

Avec 11 partenaires du secteur privé qui ont maintenu leur soutien et 16 nouveaux partenaires qui se sont engagés pour la première fois, le financement total promis par le privé a atteint 1,23 milliard de dollars, soit une augmentation de 108 millions de dollars par rapport à la sixième reconstitution. 

Les pays africains augmentent leur contribution de 30 à 100%

En élargissant sa base de donateurs dans le cadre de cette Septième reconstitution, le Fonds mondial a accueilli huit nouveaux et anciens donateurs : Chypre, Ghana, Guinée, Indonésie, Malawi, Maroc, Paraguay et Tanzanie.

Cet engagement de la communauté internationale intervient alors que les pays en développement, dont beaucoup sont confrontés à d’importantes épidémies de VIH, ont également renforcé leur soutien au Fonds mondial. Le Burkina Faso a augmenté sa contribution de 100%, l’Ouganda et le Togo de 50%, le Kenya de 40% et la Côte d’Ivoire de plus de 30%.

La République centrafricaine (RCA), l’Eswatini, le Malawi, le Nigeria, la Tanzanie, le Rwanda et le Zimbabwe ont tous versé des contributions au Fonds mondial, malgré les énormes difficultés budgétaires auxquelles ces pays africains sont confrontés, exacerbées par les crises mondiales actuelles.

Le total de 18 milliards sollicité représentait 30% de plus que ce qui a été levé lors de la dernière conférence « de reconstitution des ressources », tenue en 2019 en France, lors de laquelle 14 milliards avaient été levés, alors déjà un record. Le Fonds mondial fournit les trois quarts du financement international contre la tuberculose et un tiers des moyens engagés mondialement contre le sida.

La France réaffirme son soutien à Unitaid

Lors de la septième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, la France a également annoncé une nouvelle contribution d’un montant de 255 millions d’euros pour la période 2023-2025 (85 millions par an). Ce nouveau financement s’ajoute aux 2,2 milliards de dollars alloués par le gouvernement français à Unitaid depuis sa création en 2006.

« Cette contribution à Unitaid nous permettra de renforcer notre réponse contre les trois maladies et d’économiser près de six milliards de dollars sur les deux prochains cycles. C’est un outil crucial qui a déjà permis de faire baisser de soixante-dix pourcent le prix des médicaments contre le paludisme  », a déclaré le Président français Emmanuel Macron.

« Unitaid espère que l’engagement français ouvrira la voie à d’autres soutiens de la part des pays contribuant au Fonds mondial. Investir dans les deux organisations est un impératif crucial pour renforcer l’efficacité de la réponse aux trois maladies et rattraper le retard accumulé pendant la pandémie », a conclu de son côté, le Dr Philippe Duneton, directeur exécutif d’Unitaid.