Le FMI octroie un nouveau prêt de 56 milliards au Gabon


Le Conseil exécutif du FMI Crédit photo : © 2018 D.R.

Les autorités gabonaises peuvent avoir le sourire. Malgré les « dérapages budgétaires » relevés par le FMI, l’institution vient tout de même de lui accorder le second volet de son prêt d’un montant de 56,425 milliards de nos francs soit 100,2 millions de dollars, au titre de son mécanisme élargi de crédits (MEDC) consenti depuis l’année dernière. Le gendarme de l’économie mondiale a salué, dans un communiqué de presse parvenu à nos confrères d’Info241, le plan de relance du pays bâti notamment sur les mesures d’austérité prises par les mêmes autorités gabonaise.

C’est certainement la bonne nouvelle qu’attendait depuis des mois le gouvernement Issoze Ngondet et Ali Bongo. Le FMI a accordé hier au Gabon, la deuxième tranche de son prêt triennal d’une valeur globale de 361,5 milliards (642 millions de dollars). Hier, ce sont 56,425 milliards qui ont de nouveau été octroyés aux autorités gabonaises dont la transparence de la gestion et les dérapages ont été relevés par le Fonds.

« Les conditions macro-économiques s’améliorent lentement au Gabon mais la reprise demeure fragile », a indiqué David Lipton, Premier directeur général adjoint et président par intérim du FMI. Avant de déplorer : « les dérapages budgétaires fin de 2017 et début de 2018 » qui ont « compliqué la gestion de la trésorerie, sapant les efforts de gestion et d’apurement des arriérés de la dette extérieure ».

Et de poursuivre : « Les autorités ont réitéré leur engagement en faveur du programme et ont mis en œuvre un budget supplémentaire pour 2018 visant à assainir le budget et de le mettre sur de bons rails. Le nouveau budget est soutenu par des mesures énergiques visant à contenir la masse salariale et d’autres dépenses non prioritaires. L’élimination prévue d’un grand nombre d’organismes gouvernementaux semi-autonomes et le renforcement des contrôles sur les agences restantes devraient améliorer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques ».

David Lipton, directeur général adjoint du FMI

Saluant les mesures d’austérité prises par les autorités gabonaises, le Fonds note que « Des mesures ont également été prises pour stimuler les recouvrements de recettes non pétrolières, notamment en éliminant les droits de douane onéreuses, sauf pour quelques produits seulement. Afin de mieux gérer les risques budgétaires si les recouvrements de recettes non pétrolières sont insuffisants, le budget supplémentaire introduit un mécanisme d’ajustement automatique des dépenses publiques ».

Des décisions seront prises pour accélérer les résolutions de défaillance de trois banques publiques en difficulté, indique encore le FMI. Rappelons que le 16 juin 2017, le FMI avait approuvé un prêt sur trois ans de 361,5 milliards au titre de son mécanisme élargi de crédits (MEDC). Avec la tranche accordée mercredi, ce sont jusqu’ici 172,87 milliards (300,7 millions de dollars) qui ont été versés au Gabon.

Riche principalement de son pétrole et de sa forêt, le Gabon traverse depuis 2015 une période économique difficile qui avait été aggravée par la baisse des prix du brut et s’était traduite par du chômage, des grèves à répétition et des entreprises qui ont tourné au ralenti ou mis la clé sous la porte.