Le groupe parlementaire Les démocrates demande le retrait de la reforme des bourses


Crédit photo : © 2019 D.R.

Gabon Matin vous livre le communiqué de presse du 16 avril du groupe parlementaire Les démocrates à l’Assemblée nationale relative à la reforme des bourses engagée par le gouvernement gabonais.

Le 29 Mars, sur présentation du Ministre d’État, Ministre de l’enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et du transfert des Technologies, le Conseil des Ministres a adopté le projet de décret fixant les conditions d’attribution, des transfert,de suspension, de suppression, d’orientation,de réorientation des bourses, ainsi que les modalités de prise en charge de l’État , d’allocations et de prêt de bourses aux étudiants.

Selon le communiqué officiel ayant sanctionné les travaux dudit Conseil des Ministres, « ce présent projet de décret a pour objectif d’adapter les conditions d’attribution des bourses aux évolutions économiques actuelles ».

Le fait majeur qui peut être retenu de ces modifications porte sur les nouvelles conditions d’attribution des bourses d’études, notamment :
1. L’âge de l’élève fixé désormais à 19 ans au plus au moment de la demande ;
L’obtention du Baccalauréat ou du diplôme équivalent reconnu par L’État Gabonais, avec une moyenne générale supérieure où égale à 12/20 à l’examen.

Dès le lundi 08 Avril 2019, sur l’ensemble du territoire, les élèves des lycées et collèges se sont mis dans la rue pour contester ces mesures et demander leur retrait. Ces manifestations, sans précédent par leur ampleur,se sont poursuivies les jours d’après.

En réponse à cette contestation pacifique des élèves, le gouvernement a procédé à l’arrestation des leaders de différentes organisations lycéennes et décidé de l’arrêt des cours le jeudi 11 Avril 2019.

Par ailleurs, dans une une lettre en date du 11 Avril 2019, le 1er Vice-président de l’Assemblée Nationale, assurant l’intérim du président de l’institution absent, saisi le premier Ministre, chef du gouvernement au nom de l’Assemblée Nationale. Dans cette correspondance où il s’exprime au nom de la Représentation Nationale, donc de l’ensemble des députés, il suggère au gouvernement de bien vouloir surseoir cette mesure, afin de préserver la stabilité des institutions et la paix sociale.

Si nous regrettons de n’avoir pas été associé à cette démarche du bureau de l’Assemblée Nationale, notamment dans le cadre d’une conférence des présidents, le groupe parlementaire Les Démocrates, plutôt que de surseoir, demande au gouvernement, sans délai, le retrait pur et simple de ces mesures qui ne sont en rien pertinentes.

La gouvernance aventureuse de ces dernières années a plongé certainement, nos finances publiques dans une situation catastrophique.

Cependant, il ne revient pas de faire porter cet échec sur le système éducatif et l’avenir de nos enfants. Il existe d’autres voies et des niches sur lesquelles le gouvernement peut faire des économies, notamment :
1. La réduction de la taille et du train de vie du gouvernement
2. La suppression de certaines institutions.
3. La suppression de plusieurs agences, etc.

Faut-il rappeler à ceux qui défendent cette scandaleuse, absurde ubuesque et anti-sociale mesure que le Gabon est un jeune pays, constitué de familles modestes et qu’à ce titre, il convient de constater que la quasi totalité des médecins, ingénieurs, enseignants et autres cadres ont bénéficié de l’accompagnement financier de l’État à travers le système de bourse qui a toujours existé dans notre pays ?

Faut-il rappeler au gouvernement qu’à posteriori, cette mesure appliquée aux résultats du Bac 2018 conduirait à n’accorder la bourse qu’à 2% des BACHELIERS , donc à supprimer purement cette allocations à la majorité.

Par ailleurs, le Groupe Les Démocrates (LD), est à ce titre solidaire de tous les parlementaires et élus locaux d’autres partis qui ont demandé le « RETRAIT DE CETTE MESURE » unique et qui se trouvent aujourd’hui menacés dans leurs formations politiques. C’est le lieu de rappeler que,c’est au nom du peuple souverain et dans l’intérêt de ce peuple que les mandats politiques sont exercés.
Depuis bientôt une semaine, les cours sont suspendus sur toute l’étendue du territoire nationale sans que l’on puisse dire quand ils reprendront. Une situation inacceptable !

En conséquence, notre Groupe Parlementaire demande :
1. L’annulation immédiate de ces mesures.
2. La reprise des cours sur l’ensemble du territoire nationale.

Enfin, nous interpellons publiquement le Ministre de l’intérieur pour que les forces de sécurité et de défense fasse preuve de retenue et que cessent les violences faites à nos enfants qui manifestent pacifiquement.

Par le Président du Groupe Parlementaire

AKURÉ-DAVAIN Séraphin