Niger : Un recours à la force pourrait briser l’unité de l’Afrique de l’Ouest


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L’utilisation de méthodes de pression musclées pourrait aggraver la situation au Niger et torpiller l’unité fragile des pays d’Afrique de l’Ouest, estime Hassan Saliu, président de l’Association nigériane des sciences politiques.

« Compte tenu de toutes les complexités de la situation au Niger, le choix d’utiliser la »diplomatie de la canonnière« ne pourrait que provoquer une future escalade des tensions dans ce pays et mettre en péril l’idée d’une union des pays d’Afrique de l’Ouest, dont la progression se heurte déjà à des difficultés considérables », a-t-il fait savoir, cité par Daily Trust.

L’expert appelle les autorités nigérianes à faire preuve de prudence et de retenue en matière de règlement de la situation au Niger suite au coup d’État et souligne que ce pays s’est retrouvé dans le centre d’une tempête politique « à cause de ses riches ressources naturelles qui avaient attiré l’attention des puissances mondiales  ». Selon lui, « une éventuelle intervention militaire au Niger pourrait déclencher une guerre dont l’envergure est difficilement imaginable à l’étape actuelle  ».

Lors d’un sommet d’urgence tenu le 30 juillet, les dirigeants de la Cédéao ont exigé que les rebelles ayant pris le pouvoir au Niger libèrent et rétablissent immédiatement le président Mohamed Bazoum et restaurent l’ordre constitutionnel dans le pays. Les États de la Cédéao ont donné une semaine à l’armée nigérienne pour répondre à ces exigences. La communauté a menacé de prendre « toutes les mesures nécessaires pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger » contre les rebelles et n’a pas exclu « l’usage de la force ».

Le 26 juillet, un groupe rebelle de militaires nigériens a annoncé à la télévision la destitution du président Bazoum, la fermeture des frontières du pays, l’instauration d’un couvre-feu, la suspension de la Constitution et l’interdiction des activités politiques des partis. Le 28 juillet, ils ont proclamé chef d’État le général Abdourahmane Tchiani, qui a dirigé la garde présidentielle dont les unités détiennent toujours M. Bazoum avec sa famille dans sa résidence.